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Terroir: le hareng

On trouve ce poisson mince, argenté, dont le dos est parcouru de reflets bleu-vert, dans l’ensemble de l’Atlantique nord. ll vit en grands bancs qui s’ébattent de préférence près des côtes et évitent les profondeurs supérieures à 200 m. Le hareng fait partie des poissons gras, tout comme le maquereau, le saumon et le thon, dont la graisse saine par ailleurs imprègne la chair. Adulte, le poisson atteint une taille de 25 cm, mais rarement plus. À la recherche de nourriture ou au moment du frai, les bancs suivent des rythmes et des courants précis. Cest la raison pour laquelle on peut chaque année prévoir leur apparition près de certaines côtes, comme celle du nord de la France à partir de la mi-octobre.

Pour conserver le hareng, on alterne 2 méthodes: la salaison et la fumaison. Pour la fumaison, appelé aussi le “saurissage”, on utilisait autrefois les caresses, salles de fumaison érigées en briques qui ont aujourd’hui été remplacées par des fours de fumaison. Les poissons sont d’abord vidés, nettoyés, lavés, puis déposés dans le sel 12 jours exactement pour obtenir le résultat désiré, comme c’est la tradition à Boulogne. On dit alors qu’ils sont salés à coeur. ll faut 2,5 tonnes de sel pour 8 tonnes de harengs. lls sont ensuite dessalés pendant 1 ou 2 jours, ou davantage, avant d’être exposés pendant 12 à 48 heures à une épaisse fumée de copeaux de hêtre et de chêne. La température est maintenue entre 24 et 28 °C, afin que les harengs ne cuisent pas. On peut alors les empiler, les emballer et les expédier.

Outre les conserves et le hareng salé traditionnel, pour lesquels on procede au salage sur les bateaux, on le trouve aujourd’hui également sous d’autres formes: Le hareng bouffi est un hareng entier, qui contient encore les oeufs et dont la salaison ne dure que quelques heures (rarement plus d’une journée), que l’on lave, que l’on dessale et que l’on fait fumer plus ou moins longtemps. ll se conserve entre 4 et 8 jours. Grillé, c’est une spécialité très prisée par les connaisseurs.

Le hareng fumé doux est également un hareng entier dont on a enlevé la tête et la queue. Les filets sans peau sont lavés sur des grilles. Après un court séjour dans la saumure, on les fume à froid, entre 18 et 20 °C, pendant 3 à 8 heures. C’est ce qui donne leurs douceur. On les sert avec une salade de pommes de terre assaisonnée d’huile. Le hareng saur traditionnel était un hareng entier, longuement salé et fortement fumé, avec un goût très prononcé. Aujourd’hui, on le trouve sous forme de filets raisonnablement assaisonnés, salés uniquement pendant quelques jours et légèrement fumés. On le consomme de la même façon que le hareng fumé doux.

Les kippers sont des harengs vidés, coupés et ouverts, que l’on a légèrement salés et fumés à froid. On les fait cuire à la poêle. En Angleterre, ils font partie d’un petit déjeuner typique , en France, ils offrent une alternative au hareng bouffi. Les rollmops ou filets de hareng marinés au vinaigre sont des filets de hareng avec leur peau, dont on a enlevés les arêtes et que l’on a salés, roulés autour d’un morceau de cornichon et d’oignon et piqués d’un bâtonnet en bois, avant de les faire mariner dans un mélange de vinaigre, de sel, d’eau et d’épices. On les consomme en entrée ou avec des pommes de terre vapeur.

L’anis de Flavigny

Parmi les plus célèbres ambassadeurs de la gourmandise française se trouve un minuscule bonbon d’un blanc immaculé, en forme d’oeuf : l’anis de Flavigny. Sa réputation est telle qu’il est entré dans la version française du Trivial Pursuit. ll existerait depuis 1591, la ville proche de Semur ayant alors adopté l’usage de l’offrir à ses hôtes de marque. De ce fait, cette minuscule friandise aurait l’honneur d’être le plus ancien produit commercial français. Le second, dans l’ordre chronologique est la chicorée Leroux qui, née en 1828, est récente par rapport à l’anis de Flavigny. l’histoire de Flavigny croise celle de Jules César qui y établit ses quartiers en 52 av. J.-C., à 4 km de la ville d’Alésia dont il fit le siège et où il vainquit Vercingétorix. Continuer la lecture

Le meilleur beurre de France: Echiré

beurre échiréLe beurre tient aujourd’hui une place si importante sur nos tables qu’on pourrait l’y croire présent depuis des siècles. En réalité, le « bon beurre » a fait son apparition dans la cuisine familiale il y a un siècle à peine. Néanmoins, il avait déjà fait son entrée dans les cuisines des châteaux au XVIème siècle. Bien entendu, on l’emploie depuis des millénaires, mais c’était un produit rare car trop périssable. Dans les Charentes, le beurre est né grâce à un insecte : lorsque le phylloxéra eut ravagé toutes les vignes de la région, des vignerons ruinés décidèrent de se consacrer à la production laitière. La première coopérative fut créée en 1888, avec l’introduction de la pasteurisation et de l’élevage dirigé, il connut un rapide succès. D’autant que le climat humide et tempéré de l’Atlantique favorisait les bons herbages. Continuer la lecture

Foie gras de Strasbourg

foie gras strasbourgSi le foie gras est synonyme du Sud Ouest, il n’en demeure pas moins un produit que l’on retrouve dans d’autres régions de France. Particularité du terroir Alsacien, le foie gras d’oie de Strasbourg fait partie de ces particularités régionales. L’élevage des oies en Alsace fut certainement introduit par les Juifs d’Europe de l’Est qui y voyaient une alternance à la viande de porc. Cependant, c’est Pierre Clause, pâtissier de son état et qui travaillait pour les grands de ce monde, qui souhaitait toujours se distinguer par la qualité de ses réceptions. Il fourra un paté en croute de foie gras entier en 1780 et cette recette fit le tour de la Royauté jusqu’à Louis XVI qui le trouva délicieux.

Aujourd’hui le reste moins de 5 éleveurs d’oies en Alsace. Il est préparé de manière spécifique. Continuer la lecture